Du texte au jeu théâtral

Coordonnées de la formation

Adresse : 20 rue Rouget de Lisle - 93500 Pantin

Contact : Marie-Emilie Lorenzi

Téléphone : 01 41 50 07 20

E-mail : formations@la-nef.org

Coordonnées formation continue

Lieu de la Formation

Pantin (93)

Conditions d'Admissibilité

Professionnels du spectacle vivant et amateurs confirmés

Modalités et date d'inscription

Renseignements et inscriptions : formations@la-nef.org - 01 41 50 07 20

Date(s) de début de la formation / des sessions

DU 21 OCTOBRE AU 1ER NOVEMBRE 2019 (SAUF SAMEDI ET DIMANCHE)
De 10h à 18h - 10 jours - 70h

Durée

10 jours - 70h

Coût de la Formation

Possibilité de financement par un OCPO (AFDAS ou autre organisme)
Merci de nous contacter

Objectif pédagogique

Cette formation s’adresse à tout-te comédien-ne ou marionnettiste désireux-se d’aborder le travail du jeu théâtral par l’apprentissage du texte.
Mon travail mêle burlesque, tragédie et musique. Il se concentre sur l’incarnation du texte et sa profération. Il ne part pas du jeu de l’acteur, mais de la réalité du texte. Comme pour un musicien, l’acteur doit partir de sa partition, de la lecture physique, de la diction, dans le respect des ponctuations qui donnent le sens du texte, pour atteindre son interprétation finale. Cette précision inscrit le texte dans son corps et son souffle et le conduit à l’évidence du « jeu/je ».
De cette exigence très physique naît un «personnage/évident». Il permet au spectateur d’entendre le texte dans toute la dextérité du jeu théâtral. Ce travail donne à l’acteur une très grande liberté et jouissance.

Programme / Contenu de la Formation :

Formation dirigée par Claude Brozzoni

Pour faire théâtre, il faut lire, lire, relire le texte, et encore et encore, puis le dire et le jouer.

Lire pour la scène est souvent une expérience surprenante.
Bien avant de comprendre un texte, ses enjeux, d’arriver à son incarnation, nous
assistons souvent à des lectures dans lesquelles les acteurs se prennent tout de
suite au jeu de l’interprétation. Ces lectures, parfois « savoureuses », éloignent de la signification profonde du verbe écrit et posé sur le papier par l’auteur, et du même coup l’éloignent de la représentation : la parole doit rester le centre du geste théâtral pour ne pas devenir un texte mis en scène avec les artifices du jeu et les modes du moment.


Le texte est vivant, il agit à travers le corps et la voix de l’acteur.
Le texte a une vie propre qui nous échappe, un sens, un rythme, un souffle qui s’offre à nous si nous nous donnons à lui. Selon notre comportement ou nos craintes lui se donne ou se refuse. Lire un texte et l’interpréter est souvent un acte d’humilité car le verbe est toujours le maître de la représentation.
C’est à travers cette humilité que le geste théâtral naît et s’avère parfois grandiose.
Le texte est à lui seul le maître du plateau, il oriente tout et nous n’en sommes que les serviteurs. En acceptant le temps de la lecture, de celui de son apprentissage, de vivre dans la confiance et la patience de sa révélation, dans ce long processus de découverte, petit à petit il devient notre ami, nous livre ses secrets, éclaire notre chemin pour nous mener à la représentation.

Nous devons mettre en travail un long processus charnel et spirituel, une alchimie entre l’effort et la légèreté, le tumultueux et le silencieux, pour aboutir à une véritable incarnation.
Avec le texte rien n’est jamais urgent, il se donne toujours à sa vitesse, parfois celle de l’escargot, mais il se donne toujours à temps.
Dans la confiance que l’on peut apporter à sa découverte, il nous dirige toujours vers un inconnu qui dépasse de loin notre première attente.


A l’origine le théâtre n’a pas pour but de représenter la vie quotidienne mais de nous faire aborder les territoires mystérieux de notre être, de nous mettre en relation avec l’indicible. C’est pour cela qu’il a cette capacité à toucher nos blessures profondes et parfois à les guérir.


Ma méthode
Chez moi, le texte devient souvent une parole proférée qui est très proche du JE et conduit au JEU, mais pour cela il ne faut pas jouer uniquement mais « simplement » être et être vraiment là. Mon travail ne part donc pas du jeu de l’acteur, mais de la réalité du texte, qui comme une partition pour un musicien a ses règles propres. Il ne consiste pas en un travail dramaturgique à la table, ni à une explication de texte.


Dans un premier temps et pendant une période assez longue, selon les connaissances de chacun, toute interprétation, ou évocation d’un sentiment sont
exclues, car elles donnent souvent lieu à des tics de jeu, des habitudes qui
empêchent une liberté totale d’interprétation, et donc l’expression profonde du texte et de son être.
Ce travail passe donc d’abord par la lecture toute simple, en suivant ses règles, c’est-à-dire le respect et l’apprentissage des ponctuations qui donnent le sens du texte, ainsi que la suppression des élisions et des liaisons qui de nos jours sont très nombreuses et ôtent aux mots leurs valeurs.
Le travail de la diction est essentiel.
Je ne crois pas que la parole au théâtre ressemble à celle du quotidien, elle est une langue à part qui peut se situer entre la parole et le chant, même si elle se doit nécessairement d’être concrète, audible et compréhensible par celui ou ceux qui écoutent.
C’est dans cette phase de travail que je recherche l’authenticité du dire, la vérité des mots, c’est-à-dire à entendre et à croire que les mots et les phrases prononcés sont ceux de l’acteur qui à ce moment-là ne joue pas encore, ce qui me conduit souvent à dire Je n’y crois pas.

Puis vient le travail du souffle.
Nous passons à une phase plus physique, mais toujours très technique, qui se réalise au pupitre de musicien, debout.
J’aime bien que l’acteur prenne son temps entre chaque ponctuation, pour prendre
son souffle avant de donner sa phrase ou la suite de sa phrase, même si les
segments de phrases sont très courts. Même si l’acteur doit simplement dire un Oui, ou un Non, ou un Ah, il doit prendre sa respiration.
Ceci participe aussi au rythme du texte.
C’est dans ce travail du souffle, de sa tenue, de sa linéarité, et de son énergie continue, qui ne tombe pas, que le sens du texte est porté dans une continuité.

C’est en prenant le temps, en répétant autant qu’il le faut ce travail, que le texte s’inscrit dans le corps de l’acteur et se fait sien.

C’est ainsi que le texte s’incarne en l’acteur et que, depuis le JE de l’acteur, il le guide à son JEU, qui devient tout d’un coup évident, comme si la parole théâtrale était vraiment issue du cœur et de la pensée de l’acteur.
Il reste ensuite à travailler la vélocité, la dextérité et la profération du texte, en supprimant ces temps devenus superflus, mais qui restent gravés dans l’énonciation du texte, comme une âme, comme l’esquisse derrière la peinture.

Ainsi l’acteur devient un interprète soliste libre…
Comme le musicien, il peut s’appuyer sur une base très solide, bornée par de très nombreux repères, et laisser ensuite parler son être et aussi, parfois, la grâce qui s’exprime soudainement dans une liberté immense.
Au théâtre, la seule vérité qui puisse relier un metteur en scène à un ou plusieurs comédiens, à un musicien, un scénographe, à des techniciens, se trouve dans le texte, surtout pour les grands textes.

Nous travaillerons sur des extraits de textes de :

La Genèse
L’Odyssée de Homère
L’Énéide de Virgile
La Divine Comédie de Dante


Ce travail est semblable à celui du laboureur qui travaille sa terre, la laboure, l’ensemence, la retourne et attend que les grains de blé germent pour donner des milliers d’épis, un champ de blé, des millions de grains et qui ensuite, transformés en farine, donnent le pain qui nourrit les hommes.

Planning d’une journée type

10h - 10h30 : Échange entre les participants et moi-même
11h30 - 13h : Lecture mise en espace
13h – 14h : Repas
14h - 17h : Lecture mise en espace
17h – 17h30 : Échange entre les participants et moi-même


Supports fournis aux stagiaires : Textes

Conditions de validation de la formation

Chaque matin et en fin de journée, un temps d’échange est prévu entre les stagiaires et le metteur en scène, afin de répondre aux questions suscitées par le travail et faire en sorte que tout le monde soit sur le même plan de travail et de réflexion.

A la fin de ces deux semaines de travail et d’investigation, nous présenterons ces lectures, individualisées mais aussi collectives, dans une forme frontale aux personnes que le théâtre de Pantin, les stagiaires et nous-mêmes convierons.

Effectifs de la formation

12
 
 
 
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